Avril-09 : le Fléau de l’époque

1 avril 2009

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Messieurs les journalistes, vous nous avez imposé il y a quelques années une soirée entièrement consacrée au SIDA et, pour être sûr de bien verrouiller votre affaire, vous avez fait en sorte que toutes les chaînes de télévision nous imposent le même programme.

Ce fléau, qui peut frapper tout le monde, n’ importe où et n’importe quand, méritait bien un tel intérêt forcé.
Un autre fléau, un peu plus ancien bien que relativement récent à l’échelle humaine, mériterait le même traitement.
Ce fléau, c’est la télévision elle-même !

Laissez-moi rêver : Et si pendant toute une journée l’ensemble des chaînes de télévision cessait d’émettre…
Alors les enfants, le matin, réviseraient leurs leçons avant de partir à l’école, et cela de bon cœur, car ils ne seraient pas tentés par ces dessins animés qui semblent les attirer avec une force proportionnelle à leur débilité.
Durant la matinée les personnes âgées, au lieu de rester inertes devant leurs petites lucarnes à regarder des émissions dont le niveau intellectuel ne risque pas de ranimer leurs neurones engourdis par les années, pourraient, pour celles qui le peuvent, chercher à aider des plus malheureux ou des plus dépendants qu’eux, et cela leur donnerait sûrement un sentiment d’utilité dont l’absence les rend souvent amères et acariâtres.

Quel plaisir lors du repas de midi de pouvoir à nouveau discuter avec son conjoint et ses enfants sans être constamment interrompu par un communiqué d’information que l’on écoute plus par habitude que par intérêt, les sujets développés étant toujours les mêmes : (guerre, politique, catastrophes ).
Quel plaisir de pouvoir être disponible pour répondre aux multiples interrogations qui dans ce monde assaillent l’esprit de nos enfants !

Et durant l’après-midi, les inactifs, que notre société génère beaucoup plus facilement que les emplois, au lieu de suivre des séries policières ou des feuilletons à l’eau de rose qui se déclinent par milliers d’épisodes se prendraient en main pour sauvegarder leur niveau professionnel, ou obtenir de nouvelles qualifications ou même tout simplement pour s’occuper de manière active et non passive. (Je sais de quoi je parle, car j’ai eu à subir une longue période de chômage).

Ensuite, dans la soirée, les enfants feraient à nouveau leurs devoirs sans être tentés par des programmes qui, bien que leur étant destinés, sont d’une telle médiocrité que leurs auteurs devraient pouvoir être poursuivis en vertu du droit des enfants à ne pas être maltraités.
J’ai toujours été surpris par l’inconscience de ces parents qui laissent leurs enfants seuls face à leur travail scolaire et qui de plus leur imposent, juste pour assouvir leur boulimie d’images, une ambiance sonore et musicale bien peu propice à la concentration.

Et après le repas du soir, durant lequel on aurait repris les conversations entamées à midi, quel plaisir d’ouvrir un bon bouquin, un livre choisi et non imposé par un programme quelconque, une œuvre dont on sait qu’elle nous apportera quelque chose qui restera longtemps en nous : (On peut discuter très longtemps après d’un livre que l’on a apprécié, alors que l’on ne discute que le lundi matin du film du dimanche soir ).

Enfin, n’étant plus obligés de veiller au-delà des limites de la fatigue pour finir de regarder le film de la soirée, peut-être les couples retrouveraient-ils le plaisir de parler entre eux ou de se livrer à toute autre activité de leur choix visant à redresser la courbe chancelante de la démographie.

Hélas, ce n’était qu’un rêve, et ma rancœur est peut-être d’autant plus grande que je regarde, malgré tout, moi aussi la télévision… comme tout le monde. (Mais vraiment pas beaucoup)

Bernard LACOMBE

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