Comme vous le savez, ou si vous ne le savez pas, je vous l’apprends, notre fille Emmanuelle est partie effectuer sa dernière année d’école d’ingénieur à l’Université Santa Maria à Valparaiso au Chili.
Son absence nous semblant un peu trop longue, nous sommes allés, Annie et moi, la rejoindre durant trois semaines, là bas au Chili, pendant ses vacances d’été, c’est-à-dire pour nous durant la période de grand froid de cet hiver.
La baie de Valparaiso Après un vol de 14h15 en Boeing 777 ER d’Air France dont le final est une descente musclée après avoir passé les Andes et son sommet mythique l’Aconcagua, nous nous sommes posés à Santiago capitale du Chili vers 10h00 heure locale.
Des embrassades mémorables accompagnées de quelques larmes, et Emmanuelle nous expliqua qu’elle comptait bien nous épuiser pour nous faire voir toutes les facettes du Chili.
L’infrastructure ferroviaire étant très succincte et ne servant que pour transporter les différents minerais extraits des mines, c’est en autocar que s’effectuent tous les trajets de moins de 1500Km. C’est donc après deux heures de bus dans un décor assez accidenté, (nous sommes dans les contreforts des Andes « la precordillera ») où se succèdent vignes, vergers et autres plantations, que nous sommes arrivés à Valparaiso.
Dès l’après midi, nous partîmes visiter le port de Valparaiso. Il faut savoir que Valparaiso, qui en espagnol signifie « Vallée du Paradis », était, avant le percement du canal de Panama, le premier port où pouvaient relâcher les cap-horniers après avoir affronté les 50 ème rugissants. Bien que sa fréquentation ait fortement baissé depuis, il reste le premier port du Chili et est en fait le port de marchandise qui alimente Santiago. L’immense baie de Valparaiso est bordée de collines et chacune d’entre elles porte le nom de « Cerro » : Cerro Allegre, Cerro Artilleria, Cerro Concepcion, Cerro Bellavista, etc, etc . Chacun de ces «Cerros » possède une rue centrale généralement très pentue entourée de maisons multicolores souvent bariolées de très jolis tags.
Tag sur une façade de maisonA Valparaiso, les trottoirs ne sont pas encombrés par les mendiants mais par des chiens, des chiens de toutes races et toutes couleurs de pelage qui sont nourris par les habitants et passent le plus clair de leur temps à sommeiller dans l’attente d’un reste de sandwich ou autre.
Valparaiso étant très accidenté, on y trouve une particularité : les « Ascensores » . Les ascensores sont des funiculaires qui étaient environ une trentaine à la grande époque du port et dont seulement une dizaine restent en service. Ils permettent d’arriver de plein pied dans les « Cerros » et sont très spectaculaires.
Ascensor Artilleria de Valparaiso
Pour quelques pesos, ils vous permettent d’économiser de longues minutes de marche dans des rues abruptes et sinueuses.
C’est dans le haut d’un de ces Cerros que se trouve l’une des maisons où vécut Pablo Néruda.
Nous sommes allés la visiter et cela est passion-nant car Pablo Néruda était un collectionneur invétéré : tableaux, coquillages, instruments de marine,figures de proue,objets indiens, etc, etc. La vue extraordinaire de la baie de Valparaiso depuis la fenêtre du bureau de Pablo Neruda nous permet de comprendre pourquoi il était amoureux fou de cette ville.
Le soir, après avoir dégusté un « pisco sour » dans un bar de la place Annibal Pinto, nous partimes nous coucher avec des étoiles pleins les yeux !!!
Pablo Neruda est une véritable idole au Chili, car il a pris parti contre Augusto Pinochet et a usé au maximum de son influence de prix Nobel pour contrer les actions du vieux dictateur. Il possédait également une superbe maison à la « Isla Negra » en bord de mer à environ deux heures de bus de Valparaiso et cette maison superbe a la particularité d’avoir été agrandie à l’horizontale, au fur et à mesure que ce collectionneur impénitent amassait des objets rares ou insolites (locomobile à vapeur, doris, chevaux de manège,compas de bateau, etc.). Un excellent repas à la Isla Negra avant le retour à Valparaiso et nous voila attablés dans l’appartement d’Emmanuelle pour préparer la journée du lendemain.
Le Chili a cette particularite d’être une bande cotière d’environ 200 Km de large et de plus de 4000Km de long. Sa latitude la plus nord est de 17° Sud et sa latitude la plus australe est de 55° Sud ce qui fait que, lors d’un voyage au Chili, on peut trouver un climat désertique dans le désert d’Atacama au Nord, se croire sur la côte d’azur dans la région de Valparaiso. On peut également facilement s’imaginer en Suisse du côté de Pucon, et une fois en Terre de Feu où le temps est très changeant on peut aussi bien se croire en enfer ou au pôle sud.
Nous ne sommes pas allés dans le désert d’Atacama car Emmanuelle yavait déjà passé une semaine et ne voulait pas nous imposer plus de 30 heures de bus aller et autant au retour pour aller bruler sous le
Massif de la Campana soleil de plomb du désert le plus aride au monde.
En revanche, nous sommes allés à « La Campana », magnifique massif montagneux dont le versant sud est assez vert, mais dont le versant nord est quasi désertique, avec des cactus immenses, et une chaleur intenable.
Emmanuelle, du haut de ses 23 ans pensait nous tirer jusqu’en haut de ses 2800 m mais il fallut se rendre à l’évidence,nous n’avions pas le même age !!!
Ce fut quand même une belle et harassante journée.
Santiago: Vue du Cerro San CristobalJe passerai rapidement sur la visite de Santiago, car nous y allames un lundi et le lundi, tous les musées sont fermés au Chili !He oui, on ne peut pas tout savoir !!! Pas de relève de la garde devant le palais de la Moneda et peu de monuments à visiter. Nous pûmes juste visiter la Cathédrale, fortement ébranlée par le tremblement de terre de 2007 et monter au Cerro San Cristobal pour constater que, vue de haut, Santiago est une métropole moderne comme les autres et où, compte tenu de l’immense richesse de ce pays, les gratte-ciel poussent comme des champignons dans le centre ville en laissant les quartiers plus modestes en périphérie de la ville.
Dans la soirée, Emmanuelle avait décidé de nous initier à la dégustation des vins chiliens et nous partimes à quelque distance de Santiago visiter les vignes et les caves de la plus grosse exploitation vinicole du monde : Concha y Toro.
Pour ce faire, nous avons utilisé un moyen de transport typique du Chili : la « MICRO ». La micro est un minibus qui roule à toute vitesse, freine violemment et s’incline plus qu’il ne le devrait dans les virages et dans lequel vous avez intêret à vous accrocher fortement si vous n’avez pas de place assise. Après avoir visité les chais, nous apprîmes à deguster toute sorte de cépages sous les conseils d’une très savante et sympathique œnologue.
Les chais de Concha y Toro Inutile de vous dire que le retour vers Valparaiso nous parut très court car les vapeurs d’alcool firent rapidement leur effet.
Le lendemain , récupération et préparation de nos sacs pour partir vers le sud, via Pucon et Puerto Montt.
Pucon est vraiment la ville à recommander pour les sportifs, car on peut y pratiquer la voile, la montagne, la spéléo, le rafting, le VTT, et pratiquement toutes les disciplines de plein air.
Le trajet de Valparaiso vers Pucon prenant plus de douze heures, Emmanuelle nous avait réservé des places en « Cama » dans le car Turbus effectuant la liaison de nuit. Etre en « cama », c’est profiter d’une place en couchette dans le bas du car. Il y a neuf couchettes dans le bas du car alors que les autres passagers s’entassent à près de quarante à l’étage. Le voyage se déroula sans autre incident qu’une crevaison et vers dix heures du matin nous débarquions à Pucon.
Pucon est une superbe petite station balnéaire située au bord du lac de Villarrica et au pied du volcan du même nom qui culmine à 2847m. Ce volcan étant en activité un panache blanc s’échappe en permanence du sommet du volcan.
Emmanuelle avait envisagé de nous emmener voir le lac de lave au sommet, mais nous lui expliquames, à son grand regret, que nous ne nous en sentions pas capables.
L’après midi, nous sommes allés voir un site superbe : « Los Ojos del Diablo » Il s’agit d’une grande excavation circulaire, creusée dans la roche et dans la quelle se jettent de nombreuses cascades qui sortent de nulle part. Un exutoire alimente un fougueux torrent qui dévalle vers la vallée.
Nous partimes ensuite voir trois immenses cascades appelées « los tres saltos » qui se succèdent au flanc d’une haute falaise pour terminer dans un immense bassin où des courageux osent se baigner malgré la température extêmement fraiche de l’eau.
La région étant volcanique, on trouve aussi de nombreuses sources chaudes qui ont été aménagées pour pouvoir s’y baigner. Les chiliens les appellent : Las Termas et elles sont très courrues des autochtones comme des touristes.
Descente en rafting du Rio Trancura
Le lendemain, nous descendîmes une rivière en rafting classée 5 sur une échelle de 6 et cela nous laissa un sacré souvenir, surtout pour moi qui descendit le premier rapide à coté du raft, ayant été éjecté du bateau par une énorme vague dès le début des hostilités !!! Je fus récupéré en bas du rapide par le kayak de sécurité crachant, toussant, frigorifié et jurant, mais un peu tard qu’on ne m’y reprendrait plus !! Emmanuelle subit le même sort un peu plus loin, et seule Annie, cramponnée avec l’énergie du désespoir resta durant toute la descente avec notre chef d’embarcation péruvien. (Elle y laissa quand même un genou !!).
Pour nous remettre de nos émotions, rien de mieux qu’une bonne viande grillée au charbon de bois (Bife de lomo), accompagnée d’un Malbec de bonne facture !
Puisque nous y sommes, parlons de la gastronomie chilienne : Bien évidemment le Chili, avec ses milliers de kilométres de côte et de ses innombrables îles, a une nourriture où le poisson et les fruits de mer ont une grande place. Mais c’est aussi un pays de grands espaces (surtout dans le sud) et on y trouve d’excellentes viandes de bœuf et d’agneau.
Pour avoir eu la chance de les gouter toutes deux, je peux vous assurer que la viande chilienne n’a rien à envier à celle d’Argentine. Une des spécialités locale est la chorillana, plat très populaire et roboratif, cauchemar des diététiciens et des cardiologues, qui consiste en un mélange de viandes, de frites ,d’oignons, de saucisses et d’œufs.
Nous avons également pu gouter la cuisine Mapuché, (celle des indiens locaux) à base de mais et d’agneau, le tout assaisonné par le fameux Merquen mapuché qui est un mélange d’épices fumées et qui vous laisse un merveilleux goût en bouche.
Le genou d’Annie nous interdisant d’autres activités sportives, nous décidames d’aller visiter la réserve Mapuché et son magnifique musée.
Avant l’arrivée de la civilisation Judeo-chrétienne, les Mapuchés vivaient en symbiose totale avec la nature et avaient un grand souci de léguer à leurs enfants un lieu de vie en tout point semblable à celui qu’ils avaient connu. Seul le troc était utilisé, ce qui évitait l’exploitation des ressources locales et chacun se voyait attribuer par le conseil des anciens la seule surface de terre nécessaire pour le faire vivre lui et sa famille. Au décés du chef de famille, la terre était redistribuée et sa famille prise en charge par la communauté. Les indiens Mapuché étaient enterrés à l’endroit de leur choix, généralement en fôret, et un « Rehue » (sorte de sculpture anthropomorphique) était plantée à cet endroit.
Habitat traditionnel Mapuche
Les Mapuchés sont encore 600 000 et revendiquent une plus grande autonomie culturelle. Ils vivent principalement dans le sud du Chili et de l’Argentine.
Mais un voyage au Chili ne peut s’envisager sans un séjour en Patagonie, alors un petit tour en bus de deux heures en direction de Puerto Mentt puis un vol de deux heures également vers Punta Arenas et nous voila en Patagonie.
Ce nom fut donné à cette région par Magellan lui-même, car Patagone signifie « Grand pieds » en Portugais, et les aborigènes avaient effectivement de grands pieds.
Le nom de « Terre de feu » fut également donné à la partie sud de la Patagonie par Magellan car lorsqu’il remonta le Détroit de Magellan pour la première fois il pouvait voir tous les foyers des indigènes sur la rive qui semblaient illuminer les bords du détroit.
Un charmant petit «Hostal » au nom bien choisi de « El fin del Mundo » abrita notre séjour à Punta Arenas, séjour durant lequel nous avons pu admirer la Terre de Feu, après une traversée assez mouvementée du détroit de Magellan, compte tenu d’un vent de plus de 100 Km/h .
Des kilomètres et des kilomètres de piste et nous voici dans une «Pingüinera », endroit où niche une colonie de manchots empereurs.
Ces oiseaux qui mesurent près d’un mètre de haut vivent en colonie et ont une vie sociale très développée. Ils reviennent chaque année au même endroit pour pondre leurs œufs à l’endroit même où ils sont nés. Une chose surprenante est que les seuls prédateurs qui les attaquent à cet endroit sont des visons qui en veulent principalement à leurs œufs.
Quand l’hiver revient, ils repartent vers le sud, leurs petits étant suffisamment vigoureux pour affronter les rigueurs de l’hiver austral.
Après avoir longuement observé ces drôles d’oiseaux, Emmanuelle voulut à tout prix aller voir des pingouins ordinaires. Et nous voilà repartis sur des pistes interminables pour nous rendre dans une autre pingüinera située au nord-est de Punta Arenas .
Là, la taille des pingouins était nettement moins impressionnante mais ils étaient plusieurs milliers et le sol labouré et creusé de milliers de nids. Nous nous sommes régalés de les voir marcher en se dandinant en file indienne.
De fait, ils vont dans la mer pêcher du poisson, puis reviennent vers leur nid pour nourrir leurs petits.
Leur retour sur la plage en roulé-boulé, lorsqu’ils reviennent de pêcher, est des plus comique car ils se font jeter sur les galets assez violemment, s’ébrouent puis lissent leurs plumes, et partent en se dandinant donner la béquée à leurs oisillons.
Une autre chose extraordinaire à Punta Arenas est son cimetière : Même les chapelles imposantes du Père Lachaise font pâle figure à côté de celles des riches familles de Punta Arenas. La surprise, lorsqu’on déambule dans cette nécropole est de trouver un très grand nombre de noms croates.
Chapelle dans le cimetière de Punta Arenas En effet le sud du Chili fut initialement exploré et peuplé par des familles croates dès le milieu du XIX siècle et les plus grands propriétaires terriens du sud du Chili restent des familles d’origine croate.
On trouve également dans ce cimetière nombre de stèles à la mémoire des bateaux disparus en tentant de passer le Cap Horn car Punta Arenas est la première ville importante après le passage du mythique Cap. Vous pouvez constater que, vu notre équipement, la tempéra- ne dépassait pas les 10 degrés bien qu’étant en plein été.
Un autre centre touristique du sud du Chili est Puerto Natales et c’est de là que partent les excursions vers les fjords, les glaciers et le fameux Parc National des « Torres del Paine ».
Le glacier Lago Grey tombe dans la mer Emmanuelle est frigorifiée. Trois heures de bus, et nous voila en train d’aménager dans notre nouvelle auberge de jeunesse car, Emmanuelle ayant voulu nous faire prendre un coup de jeune, nous n’avons logé que dans des auberges de jeunesse ! Cuisine en commun, frigidaire en commun, commodités en commun, mais nous avons quand même réussi à échapper au dortoir ou plutôt, à ne nous retrouver que tous les trois dans des dortoirs !!
Si vous allez un jour en Patagonie, il vous faut impérativement aller vous balader dans les fjords, car la mer pénètre profondément dans les montagnes et les côtes sont très découpées. Les paysages sont sublimes, avec des à pics vertigineux qui tombent dans la mer, avec des glaciers suspendus qui vous dominent de leur masse bleutée ou grise suivant l’ensoleillement, avec des cascades de plus de mille mètres de haut.
Pour ce faire, vous embarquez sur des petits bateaux de croisière, de préférence habillés chaudement, et là, vous écarquillez les yeux devant ce spectacle extraordinaire.
Ce que nous avons vu dépasse l’entendement : Une cascade qui se met à remonter sous l’effet du vent, des trombes d’eau montant à la verticale dans des tourbillons impressionnants dus aux conflits entre les différents courants d’air descendants des montagnes, ou des glaciers majestueux s’écroulant dans la mer dans des gerbes d’écume.
Après un délicieux déjeuner typiquement chilien dans une Hacienda perdue au fond d’un fjord, nous réembarquons pour le retour vers Puerto Natales. Et nous nous demandons si, le lendemain, notre tour dans le Parque Nacional de las Torres del Paine ne nous semblera pas un peu fade compte tenu de toutes les merveilles que nous venons de voir.
Le lendemain, réveil à l’aube pour prendre le bus qui va nous emmener vers le Parque Nacional de las Torres del Paine. Après une heure de route, nous faisons une petite halte dans un lieu très touristique : La grotte du « Milodon ».
Los Cuernos del Paine Cette grotte est une énorme cavité d’environ 200m de profondeur dans la quelle on a retrouvé les restes d’un animal préhistorique ressemblant à un très gros ours : Le Milodon.
Après cette escale un peu forcée, nous repartons vers le parc national et dès notre arrivée, après des formalités administratives assez longues, nous sommes autorisés à pénétrer dans le Parc.
Los Torres del Paine Ce Parc magnifique venait d’être rouvert au public après plusieurs mois defermeture suite à un immense incendie qui l’a ravagé à cause de l’imprudence d’un campeur.
Nous avons donc traversé des immensités roussies, aux arbres brûlés et où le vent soulevait de sombres volutes de cendres.
Ce jour là, un vent exceptionnellement fort nous a accompagnés toute la journée soulevant des cailloux, secouant le bus, apportant des cascades d’eau arrachées aux lacs et même, faisant s’envoler quelques frêles jeunes filles dont Emmanuelle.
Ce vent, comme je n’en avais connu auparavant, créait des nuages d’onde magnifiques qui coiffaient les montagnes appelées « Los Cuernos del Paine »
Ces magnifiques montagnes font partie d’un massif granitique qui attire de plus en plus de randonneurs et sont très bien aménagées pour les balades, l’escalade, et autres randonnées, avec des sentiers balisés, des refuges et beaucoup de gardiens du Parc.
Nous aurions du aller voir de magnifiques chutes d’eau, mais nous n’avons pu les admirer que de loin, car la force du vent nous a interdit la marche vers ces chutes. Nous sommes donc repartis vers les Torres del Paine qui constituent un massif bien à part dans ce système montagneux. Ces trois tours de granit sont effectivement très impressionnantes et culminent à 3050m. Elles sont tellement abruptes qu’elles ne furent vaincues que le 16 janvier 1958 par une équipe d’alpinistes italiens, et ce après plusieurs tentatives infructueuses. Le coucher de soleil sur ces trois tours est absolument splendide et mériterait à lui seul un voyage en Patagonie.
Après un retour en bus avec un petit crochet vers l’Argentine toute proche, nous rejoignons notre dortoir à Puerto Natales.
Le lendemain, en attendant de prendre l’autocar pour retourner à Punta Arenas, nous avons visité le musée local qui rassemble des objets de la civilisation Mapuché et qui retrace également la vie des premiers pionniers européens, principalement des croates, qui quittaient la misère de leur pays et qui, à force de labeur, ont érigé des fortunes colossales.
Le retour vers Santiago s’effectua d’un trait, un vol d’un peu plus de trois heures, Punta Arenas-Santiago, entre deux heures et cinq heures du matin.
C’était notre dernier jour au Chili et la nostalgie s’installa, tant à l’idée de quitter, après ces trois semaines de retrouvailles, notre chère Mané, son sourire et ses grands éclats de rire, qu’à l’idée de quitter ce pays si attachant, ses paysages grandioses, son soleil, et sa joie de vivre latino-américaine.
Bernard Lacombe











