Le temps passe et les traditions perdurent. Rencontrant des difficultés à se réunir dans l’hexagone, les trois branches Paul, Jean, Gilbert se sont retrouvées à l’île de la Réunion. Annie et Bernard Lacombe, Marie-Hélène et Jean Paul Bernet, Martine et Guy Lacombe sont descendus dans la belle maison de Valérie et Eric Beauvoir, là bas, tout là bas à 9300km et 11h d’avion de la métropole, à quelques encablures du tropique du Capricorne.
Habillés comme le maître des lieux, tee shirt, short et nus pieds chaque jour, nous avons parcouru ce jardin d’Eden en tous sens. Seule contrainte en cette fin de printemps se lever de bonne heure, 6h30-7h, afin de profiter des hauteurs et des paysages somptueux avant que les sommets ne s’habillent vers 11h de masses nuageuses.

MHélène-Annie-Martine-Bernard-JPaul
En quinze jours nous avons juste eu le temps de repérer une partie des beautés de ce confetti de terre et de roche perdu dans l’océan indien.
Vu et parcouru les trois cirques abruptes de Cilaos, Mafate et Salazie d’en bas, d’en haut, de côté. Sites sublimes et paradis des randonneurs, des grimpeurs, des canyonneurs des photographes, des herboristes, des amoureux de la nature dans son jus.
Baladé durant cinq heures dans la merveilleuse forêt primaire de Bébour-Bélouve humide, luxuriante, aux espèces endémiques rares dans un décor digne de Jurassic Park.
Monté en direction du volcan de la Fournaise et traversé la plaine des sables véritable décor naturel où on s’attend à tout instant à voir se poser un engin extra terrestre et descendre des bonshommes verts ou bleus.

Piton Formica
Parcouru debout, à genoux, en rampant durant deux heures, des galeries souterraines et obscures de lave datant de moins de dix ans.
Assisté à des combats de coqs, bouteille de bière à la main pour faire couleur locale, où nous étions manifestement les seuls métro.
Nagé dans les lagons de la Pointe au Sel ou de l’Etang Salé. Aquariums géant où les Chirurgien clown, les Chaetodon cocher, le poisson Ange ou les Baliste Picasso vous approchent comme s’ils voulaient être pris en photo.

Poisson Balist
Baigné aux cascades de Langevin dans une eau, qui n’avait rien à envier à celle de la baignoire, Grande vasque alimentée par un gigantesque rideau d’eau. En sortant de l’eau sur des cailloux ronds comme des boules, Bernard se cassa le 5ème métatarse et souffrit en silence.
Regardé ces innombrables cascades qui sortent de partout et transpercent le manteau vert des murailles pour se jeter dans le vide.
Admiré la végétation exubérante qui cerne vos pas et arrête les regards. A porté de mains des Frangipaniers (fleurs de cimetière), des Becs d’oiseau, des Poinsettia, des Anthurium, des Corbeilles d’or, des murs de Bougainvilliers, des Hibiscus, des Roses de Porcelaine, des Jacarandas et les spectaculaires Flamboyants rouges comme le soleil couchant. Dans ce pays, je soupçonne qu’un parapluie planté en terre finit par donner des fleurs.
Dégusté des fruits en grand nombre et qui souvent sont accessibles aux mains égarées : les bananes, les letchis dont les arbres à cette saison croulent sous les fruits, les mangues, les combavas, les ananas, les zattes, les goyaves. Sans oublier les punchs à base de rhum de cannes à sucre produites dans l’île. Punch ananas, planteur, orange, mangue, citron, combava, tamarin. Il y en a pour tous les goûts et toutes les attentes…
Se nourrir est un jeu d’enfant. Au bord des routes des échoppes rudimentaires vous proposent pour quelques euros des bouchons, des samoussas (petit triangle de pâte croustillante contenant viande, légumes, poisson) des nems, des bonbons piments le tout arrosé de la bonne et incontournable « Dodo lé la », bière locale dont le nom vient d’un oiseau disparu. Ca serait faire injure aux Réunionnais que d’oublier que l’on passe à table pour y manger une bonne cuisine créole relevée au piment, Rougail décliné en une multitude d’assortiments, poulet massalé, cari bichiques etc.
Photographié les cases, maisons créoles, le plus souvent de couleurs vives et dont les toitures en tôles peintes sont bordées de lambrequins.
Maison Beauvoir

Cette île si attirante pour ses beautés, ses microclimats, ses richesses naturelles, son relief l’est aussi et surtout pour la gentillesse, l’amabilité et la tolérance de ses habitants. La société est multiraciale : les créoles blancs, les p’tits blancs, les gros blancs, les cafres, les malbars, les Z’arabes, les chinois, les malgaches et maintenant les comoriens. La langue officielle est le français mais tous s’expriment en créole. Connaissez vous un lieu où dans la rue, dans un magasin ou n’importe où on vous accueille, qui que vous soyez, en vous tendant la main et en disant bonjour. Oui nous y avons été c’est La Réunion.
Et puis notre enthousiasme pour ce pays est dû aussi à l’accueil de la famille Beauvoir. A Valérie omniprésente, qui veille à tout, à Eric cool et généreux qui connaît l’île comme sa poche, Arnaud le discret poète, Romain plein d’humour et caustique à ses heures et l’exubérante Eva qui ne semble en retard sur rien et dont la mémoire fonctionne à la vitesse du dernier processeur Intel. Nous ne crierons pas sur les toits que leurs deux gîtes sont superbes et confortables nous souhaitons y retourner bientôt et ne pas être dans la file d’attente. Chut
Guy Lacombe
22 novembre 2012