En lisant le récit du voyage des Bernet, Lacombe Guy et Bernard, je m’aperçois que Jacques et moi étions à la même époque tout près d’eux à…Madagascar. Nous y étions déjà allés l’an dernier à la même époque pendant 3 semaines et cette année nous y sommes retournés 3 semaines également, ce qui montre notre enthousiasme pour ce pays.
Nous y sommes partis dans le cadre d’une association à laquelle nous adhérons, la TSAMAD (Tourisme, Solidarité, Amitié Madagascar) dont la Présidente est une amie de longue date (30 ans).
Nos 2 voyages se sont révélés très différents de par leur environnement : l’an dernier, nous sommes partis depuis Tananarive vers l’ouest (Morondave puis le massif des Tsingy de Bemaraha) puis vers le sud jusqu’à Tulear. La région des hauts plateaux est tempérée et riche en rizières. Le riz représente 60% de l’alimentation et les malgaches en seraient les premiers consommateurs au monde.
L’ouest et le sud ouest sont très chauds et de plus en plus arides en allant vers le sud.
Cette année, notre séjour fut plus maritime : île Sainte Marie puis descente de la côte est jusqu’à Tamatave, retour vers Tana, île de Nosy Be au nord ouest et fin du séjour à Diego Suarez, au nord. Nous avons trouvé des paysages beaucoup plus verts, une végétation luxuriante et avons bien profité de la mer : baignades, pirogue, plongée, repas de langoustines fraîchement pêchées sous nos yeux.
Madagascar compte 587 000km², soit la France + la Belgique et le Luxembourg. Le pays s’étend sur 1 580km du nord au sud et sur 580km d’est en ouest. Sa population est de plus de 20 millions dont 44% d’enfants de 0 à 14 ans, c’est donc un pays très jeune. Le taux de natalité est de 6 enfants par femme en moyenne . La population urbaine est de 26,8%.
Le réseau routier n’est pas en bon état (même si les Français, pendant la colonisation, l’avaient bien amélioré). Sur les 50 000km de routes, seuls 10% sont goudronnées, on y roule entre 20 et 60 à l’heure.
Madagascar, bien que faisant partie des pays les plus pauvres au monde a de nombreuses richesses : légumes, fruits dont nous nous sommes régalés : bananes, ananas, mangues, papayes, corrosol dont le jus est délicieux, les letchies n’étaient pas tout à fait mûrs. On y mange très bien et à très bon prix ; zébu, poulet, porc, canard pour la viande, thon, daurade, capitaine, crevettes, calamars, crabe, langouste, anguille, écrevisse, moules et huîtres. Les malgaches mangent à leur faim sauf dans l’extrême sud.
L’objectif principal de notre association est d’assurer le plus possible la scolarisation des enfants sous forme de parrainages ; nous parrainons 30 enfants disséminés à travers le pays et lors de nos voyages, nous faisons le maximum pour leur rendre visite, vérifier que l’enfant va bien à l’école auprès de la directrice de l’école, sinon nous suspendons le parrainage. Nous ne remettons pas l’argent aux familles mais à la directrice de l’école ou à un correspondant en qui nous avons confiance. Cette année, en nous arrêtant à Tamatave, nous avons pu rencontrer les 6 étudiants que nous parrainons.
Nous avons d’autres actions à partir des demandes qui nous parviennent sur place ou au siège de l’association à Arcachon ; nous exigeons un projet précis avec un devis. Les demandes sont étudiées en conseil d’administration et lors de nos voyages, nous vérifions les travaux qui sont entrepris ou achevés : maison à Nosy Be pour un handicapé, appartements pour 2 mamans dont les enfants sont handicapés, centre d’hébergement à Tananarive pour les familles dont les enfants sont soignés à l’hôpital de Tananarive mais dans cette action entreprise par l’ONG ANYMA, nous n’avons apporté qu’une mince participation.
Dans l’île de Nosy Be d’où a démarré notre association, nous nous occupons de plusieurs enfants handicapés, assurons l’opération dont ils ont besoin (pieds bots, séquelles de polyo, jambes anormalement arquées…), organisons le transport de l’enfant et de sa maman jusqu’à l’hôpital, l’hébergement de la maman le temps d’hospitalisation de l ‘enfant et réglons tous les frais. Ces enfants sont généralement opérés à Antsirabe, à 850km de là, où nous sommes en relation avec d’excellents chirurgiens malgaches. Nous avons vu ces enfants, âgés de 4 à 9 ans, lors de notre séjour à Nosy Be, ce sont des enfants « debout » tout sourire et qui vont à l’école à pied et… pieds nus…
Lors de notre voyage, sur le trajet, nous nous arrêtons parfois pour distribuer aux enfants des hauts plateaux des petits pulls qui ont été tricotés par des mamies, d’une maison de retraite d’Arcachon et nous demandons si nous pouvons prendre une photo car la mamie a hâte de savoir qui a « hérité » de son ouvrage.
L’artisanat est très riche et nous profitons toujours de nos voyages pour en ramener le maximum car lors de nos manifestations, nous en vendons afin de pouvoir continuer notre oeuvre : lamb (=paréo), étuis pour vanille avec vanille, serviettes de toilette en nid d’abeille brodées (voir photo de la mère et de ses trois filles), beaucoup d’objets en marquetterie, soubik, dessous de plat en raphia, pochettes en raphia. Cette année, notre amie a été arrêtée à la douane à Tananarive pour savoir si elle ne faisait pas de l’importation…
L’eau est précieuse car rare et les malgaches la préservent ; nous avons vu dans une petite école une maîtresse d’école avec un petit broc d’eau pour que les enfants se lavent les mains après être allés faire pipi en pleine nature.
Nous n’avons pas toujours eu l’eau courante dans nos hébergements et pratiquement jamais d’eau chaude mais dans un pays où il fait toujours chaud cela n’est pas désagréable. L’eau n’est pas potable donc on consomme de l’eau minérale même pour se laver les dents.
Comme à la Réunion, la nuit tombe vite et c’est une nuit noire. Vers 18h nous rejoignons notre hébergement, dînons vers 19 heures et nous couchons vers 21h ; nos journées sont chargées et pas de tout repos. Lever vers 6h (parfois plus tôt pour prendre un bateau, un avion ou tout simplement pour voir partir les pécheurs sur leurs pirogues), sur la côte est bain et la journée commence. Nous avons un programme chargé, des rendez-vous avec des enfants parrainés, des correspondants, des communautés religieuses, parfois un évêque et puis, les kilomètres sont là.
Le voyage touche à sa fin et comme l’an dernier, nous sommes revenus emballés de ce séjour plein de découvertes, de contacts, d’échanges, et des sourires des malgaches malgré la dure vie qui est la leur.
Elisabeth Guillois









