Les deux mois de confinement, contexte inattendu et particulier pour l'ensemble d'entre nous furent une période de nos plus beaux rêves et de nos pires cauchemars.
Nous avons connu la peur de voir l’un de nos proches atteint par la maladie, la crainte que le Covid 19 tue des millions de personnes, l’angoisse du lendemain avec ses catastrophes économiques, financières et humaines en terme d’emplois. La contrepartie pour le moins inattendue de la part de nos compatriotes que l’on dit égoïstes et individualistes fut ce formidable élan de solidarité nationale et de soutien du voisinage. Les jeunes avec les personnes âgées, les bénévoles de tous âges avec les plus démunis, les soignants au risque de leur vie avec les malades, tous les intervenants dans l’ombre qui non équipés de masques ont continué à servir avec la peur au ventre de contracter le Covid 19. Les exemples sont presque infinis de cette France qui durant huit semaines a pensé aux autres, a respecté les consignes de sécurité et les gestes barrières. Bel exemple de fraternité et d’engagement.
Au-delà de ces comportements réconfortants et admirables cet espace-temps inhabituel a été propice à la réflexion et à la méditation.
Mes sentiments, je m’estime privilégié comme retraité, ont été d’abord d’apprécier une grande liberté d’esprit. Abandon de contraintes externes et quotidiennes à travers des rendez-vous, des rencontres aléatoires, des horaires imposés, penser au lendemain. Opportunités pour chercher à exercer solidarité et bénévolat. Et pour nous la grande chance d’habiter un village à la campagne.
Au fil des semaines s’interroger sur l’après Covid, « le monde d’après » que sera-t-il ? Quels engagements prendre, quels comportements avoir ?
Espace-temps impliquant de vivre l’un avec l’autre chaque heure, chaque jour dans un respect mutuel et dans une plus grande tolérance. De partager des lieux communs et de respirer l’air de son recoin personnel. Certain que l’espace habitable dont on dispose facilite la cohabitation contrainte.
Un temps occupé à penser à ses enfants, ses petits-enfants, sa famille, ses amis. A la place prépondérante que ses proches occupent chacun d’entre eux dans son cur et son esprit. Avec le souhait qu’aucun ne soit contaminé ou atteint de douleurs ou d’une maladie subite nécessitant des soins ou une hospitalisation.
Certain que l’ère de la communication que nous connaissons aujourd’hui a favorisé de nouveaux comportements positifs tant sur le plan individuel, familial, que professionnel. Des champs d’usages découvert pour beaucoup d’entre nous et qui dans l’ensemble ont démontré capacité d’adaptation et opportunité de valider la qualité et la multiplicité des services offerts par les entreprises et les institutions.
Enfin une réflexion sur l’époque, la nature de l’évènement et ses incidences. Un profond désir personnel de minimiser l’évènement au regard de ce qu’ont connu nos parents et avant eux les générations précédentes à travers les horreurs des guerres : les bombardements, l’occupation, l’exode, l’absence de nourriture, de soins, les morts, la disparition d’êtres aimés, la violence, le déshonneur etc. Sans oublier les grandes pandémies : la peste, le choléra, la grippe espagnole qui ont décimé des millions de morts à travers le monde.
Ceci ne retirant rien à ma compassion et à ma tristesse au regard de l’hécatombe humaine et face à l’incurie de certains dirigeants de la planète.
Il est essentiel que les jours d’après soient moins sombres que les jours d’avant. Faut-il pour cela que tout un chacun continue quel que soit le lieu, l’endroit à respecter au minimum les gestes barrières. La bête est toujours là. Le risque sinon est grand de désespérer.
Guy Lacombe
27 juillet 2020