Action de solidarité au Burundi

16 septembre 2008

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Tout a commencé vers Mai 2007 lorsque nous avons essayé de former une petite équipe pour un projet humanitaire au Burundi.

  • Pourquoi le Burundi ?

Nous avons rencontré Yvon, un étudiant burundais à Valenciennes en licence de Sciences pour l’Ingénieur et qui a depuis intégré Polytech’Lille. Suite à son témoignage, nous avons décidé à quelques uns de faire un voyage au Burundi en Août 2008.

Après avoir réuni une équipe de 7 personnes, qui se sont connues au lycée, au collège et aux scouts, le 27 septembre 2007 nous avons décidé de créer notre Association sous le nom « d’Aujourd’hui Burundi ».

  • Actions durant l’année scolaire 2007-2008

En établissant le budget du voyage, nous nous sommes fixé un objectif ambitieux, celui de récolter 11 300€ en 10 mois pour partir tous les 7 là-bas.

Nous avons donc enchaîné durant toute l’année les extra-jobs : ventes de gâteaux à la sortie des messes, organisé des tournois de poker, fait des sonorisations de soirées pour le compte de l’Association, navettes de retour de soirées d’entreprises, préparé un dossier à présenter aux communes et au conseil régional dans le but d’obtenir des subventions.

Un système de donation a été installé sur notre site web.

Mais nous avons aussi organisé en partenariat avec les étudiants burundais de la FFBN (Fils et Filles du Burundi du Nord), un repas burundais le 1er Mars qui avait pour but de faire découvrir un peu plus le Burundi aux 82 personnes présentes grâce à un repas typique préparé avec joie par les burundais. Occasion pour nous de partager des moments précieux et intenses avec nos futurs « filleuls ».

Finalement, nous avons réussi à atteindre notre objectif en récoltant 85% du budget prévisionnel par des extra-jobs. Nous ne voulions pas récolter la totalité du budget par des dons ou subventions. Nous préférions une plus grande implication de chacun d’entre nous dans ce projet, pour mieux se découvrir entre membres de l’association.

  • Préparation du voyage

Durant l’année, nous sommes rentrés en contact avec le Père Célestin, burundais, installé en France depuis 2 ans, qui nous mis en relation avec un évêque burundais qui passait par Lille au même moment, (pour rappel, notre association est laïque).

Nous l’avons rencontré en Novembre 2007 et dressé une liste des actions possibles à mener là-bas sans pour autant avoir immédiatement tous les contacts sur place pour bien préparer notre voyage.

Il faut savoir que les burundais sont assez lents et que par la suite, la communication par mail avec l’évêque fut difficile. Nous devions parfois attendre un mois avant d’obtenir une réponse.

Au final, c’est sans inquiétude que nous sommes partis le 3 Août 2008 en ayant uniquement notre première semaine planifiée. Nous n’avions pas pu rentrer en contact avec les autres structures sur place. Il faut dire qu’il n’y a quasiment aucune ONG sur place (nous n’en avons pas vu une seule durant le voyage) du fait d’une guerre ethnique qui a duré de 1993 à 2006 semblable à celle du Rwanda entre Hutus et Tutsis. Là-bas, au Burundi, le court des choses n’est jamais rapide et il est difficile d’entrer en contact avec les uns et les autres à cause de l’inorganisation ou l’absence des moyens de communications.

Nous savions que nous serions obligés d’organiser le reste de notre voyage sur place.

  • Le voyage

Partis le 3 Août 2008 depuis l’aéroport de Bruxelles National, nous avons rejoint Bujumbura, la capitale, en 8 heures de vol. Accueillis très chaleureusement par la famille d’Yvon et des cousins (une quinzaine !), nous dormons le premier soir chez eux avant de partir le lendemain en bus pour Gasura, lieu de notre première action.

1ère semaine : Camps chantier et formation à Gasura et Bugwana

Nous sommes accueillis par des missionnaires Xavériens dans la paroisse de Gasura. Il nous est précisé alors que nous serions divisés en deux équipes pour toute la semaine, une à Bugwana (où iront 3 membres) à 18 kms de Gasura et les 4 autres restants ici.

N’ayant pas encore eu le temps d’atterrir dans notre tête et de nous retrouver un peu tous les 7, la séparation fut un peu brutale. D’autant plus qu’il nous fut annoncé à moi, Yvon, Romain et Maxence, que nous serions ultérieurement seul dans chaque groupe de 25 travailleurs burundais.

Les missionnaires prirent la meilleure décision qui soit. Nous fûmes chacun complètement immergés dans nos groupes et les échanges furent nombreux et très intéressants (à savoir que la première langue étrangère enseignée au Burundi est le français).

A Gasura qu’avons-nous fait au juste ?

Durant la matinée de 7h à 12h, nous fabriquions des briques avec de la terre. Chaque équipe devait en fabriquer 1500 pour pouvoir construire des maisons destinées aux personnes les plus pauvres du pays. En échange de ce travail, les jeunes burundais recevaient à la fin du camp d’une semaine, un lot de fournitures scolaires pour toute l’année. Au total, 277 jeunes participaient au camp.

A Bugwana, Marion, Foucauld et Emeline s’occupaient avec 80 jeunes de réaliser le terrassement d’un futur terrain de sport.

2ème semaine : Orphelinat des sœurs de Calcutta à Bujumbura

En rentrant à Bujumbura nous étions logés dans la famille d’Yvon, et sommes rentrés en contact avec cet orphelinat. Nous avons été accueilli par une sœur indienne s’exprimant en anglais. Elle nous annonça avec un accent incompréhensible qu’elle n’avait rien à nous donner à faire.

En effectuant le tour de l’orphelinat, nous découvrîmes le parc à jeux des 130 enfants contenant du sable avec des morceaux de verre, des clous et autres ferrailles rouillées. Nous lui avons proposé alors de remettre le parc en état avec le sable du lac Tanganyika à proximité, de repeindre les jeux et de changer le grillage. Le tout étant payé sur notre budget nourriture (plus important que prévu avec le décalage de niveau de vie).

3ème semaine : Camp chantier et de formation au Centre Jeunes de Kamenge

Nous restons à Bujumbura mais cette fois-ci dans les Quartiers Nord, les 4 quartiers pauvres de la ville où nous logeons au CJK. Un centre construit quelques mois avant la guerre destiné à réunir les jeunes des différents quartiers et ethnies. L’objectif de ce centre étant de favoriser les échanges et de faire tomber les différences entre ethnies par l’organisation de plus de 40 activités sportives, culturelles (cours de batterie, danse, guitare), cours de langues (6 langues différentes proposées), cours d’informatique, de gestion, dépistage SIDA, Pôle pour l’alphabétisation. L’ensemble géré par 80 animateurs burundais, inauguré et présidé par deux prêtres italiens Xavériens.

Ici, nous avons aussi fabriqué des briques et débroussaillé les caniveaux de la ville. Une semaine très riche en échange avec les locaux, les habitants de la capitale étant plus habitués à voir des blancs. Mentalité différente de ceux de la campagne où à Gasura, certains voyaient des blancs pour la première fois de leur vie.

3ème semaine : Orphelinat des sœurs de Calcutta à Kaninya

Nous reprenons la route du nord du pays afin d’aller aider un orphelinat et réaliser un reportage photo du centre de « l’Association des veuves de Kirundo » pour le compte de l’association nordiste Solidarité Burundi.

Arrivés à l’orphelinat, nous avons peint une fresque de 10 mètres de long sur le mur de la cour des enfants. Heureusement qu’Emeline, en étude d’art graphique, nous a aidé de ses talents artistiques !

4ème semaine : Bujumbura & Nyanza Lac

Le mariage de ma sœur Sylvie le 27 Août m’a contraint à rentrer et à laisser mes 6 autres compagnons à passer une semaine plus tranquille et touristique jusqu’au 1er Septembre. Ils sont allés au sud du pays dans la région natale de la famille d’Yvon et ont visité quelques quartiers de Bujumbura.

Expérience très enrichissante :

  • D’une part par l’implication importante durant toute l’année pour mener à bien ce projet : Etant alors en 2éme année de prépa intégrée à HEI (école d’ingénieur), ce lot d’activités me prit du temps et m’obligea à faire autre chose que le boulot quotidien de la prépa.
  • D’autre part, par le changement complet de climat, la rencontre de deux cultures différentes, des échanges, des échanges et surtout des échanges ! Un esprit beaucoup plus simple, moins de difficultés, moins de stress, une ambiance bien plus détendue, jamais d’engueulades. Beaucoup de compensation pour le corps et l’esprit. Enfin bref, tout le monde sait que les voyages humanitaires font beaucoup de bien et je ne vais pas en énumérer toutes les qualités une n-ième fois.
  • L’avenir de l’association

Le choix d’avoir créé cette Association se justifie par le fait que nous voulons instaurer une action durable au Burundi. Nous comptons continuer nos actions avec l’Association durant les prochaines années. Ce premier projet intitulé « Kirundo 2008 » fut le lancement du projet de solidarité pour commencer à créer des ponts entre la France et le Burundi.

Nous allons cette année continuer les extra-jobs, refaire un repas burundais, organiser une pièce de théâtre et un match d’improvisation pour collecter des fonds afin de les envoyer aux Centres dans lesquelles nous avons travaillé en août 2008.

De plus, nous aimerions former, dès ce début d’année 2008-2009, une nouvelle équipe de volontaires pour les accompagner dans la préparation de leur voyage et dans leur but de partir au Burundi en 2010.

Pour beaucoup plus d’informations, allez voir sur le blog que j’ai mis en place à l’adresse suivante : http://aujourdhuiburundi.free.fr

Nous avons réussi à écrire un article par semaine durant le séjour relatant nos activités. Vous y suivrez toutes nos activités durant l’année.

Merci à vous.

Vianney Bernet

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