Comment vivre sans elle ?

30 mars 2016

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« Au début des ménages, il y a l’amour. Ensuite, la vie prend le dessus ; ce ne sont plus que des arrangements. Pourtant, il y a des ménages qui durent toujours, par l’estime, par un besoin plus fort que tout de demeurer ensemble, dans la grande affection qui vient de la compréhension l’un de l’autre. Et ceux-là, quoi qu’il arrive, sont indestructibles. » Marcel Proust.

Christophe – Pyrénées août 1978

Christophe et Nicole Jaquemet, née Lacombe, étaient de ceux-ci. Durant leurs années de mariage, 44 ans, ils ne purent se quitter, se séparer ne serait-ce que quelques jours. Quand on voyait l’un, l’autre n’était pas loin. Benjamins de familles nombreuses ils surent construire leur vie, l’agrandir, l’animer, avec beaucoup d’alacrité pour Nicole, de tempérance pour Christophe. Nourris de la volonté de partager les principales valeurs de l’existence à deux. Un homme et une femme complémentaires qui sans cesse se retrouvaient sur l’essentiel dans une synthèse permanente et naturelle. Cet amour partagé n’a jamais été un obstacle à leur réalisation et à leurs occupations. Tels Ulysse et Pénélope ils restèrent dans leurs différences fidèles l’un à l’autre.

A l’issue de l’éducation de leurs enfants et de l’envol de ceux-ci dans leur propre vie, Flavie plus jeune restant quelques années dans la sphère parentale, ils continuèrent à tracer leur sillon. Nicole énergique, créative, manuelle ne cessa, jusqu’à l’emprise de la maladie, telle une styliste, d’habiller femmes, enfants, mariées etc. Christophe lui avait aménagé une pièce dédiée à ses créations. Lui, au terme de son activité professionnelle, manifestant toujours un flegme inégalable, s’est engagé avec sérieux et dévouement dans une présidence de Conseil Syndical ainsi qu’à la CAF de Paris en tant qu’administrateur. Occupation du cerveau qu’il compléta par celle des mains. Leurs maisons témoignent du talent et de la précision qu’il manifestait dans la fabrication de meubles et la réparation de ceux endommagés. La liberté d’être grands parents leur donna l’opportunité de voyager de part le monde. Toujours à la conquête de l’inconnu, de l’espace et des autres. Que dire aussi de leur passion pour la fête. N’est-ce pas chez eux à Arnouville que beaucoup d’entres nous avons passé les réveillons les plus fous. Parfois la nuit n’y suffisait pas.

Gommerville –  22 avril 1972

Le 22 avril 1972, jour de leur mariage, ils déclarèrent devant l’assistance vouloir vivre l’un avec l’autre toute leur vie. A l’issue du départ prématuré de Nicole, 29 juin 2015, seul un amour pleinement partagé pouvait de nouveau les réunir. Ces derniers temps Christophe semblait mourir de solitude. La vie l’a consumé pour ne plus être séparé.
Une romance apporte sa contribution à leur affection puisque dans « Les temps des lilas » les paroles disent « Moi je rêve aux couples qui demeurent toujours. » Comment en douter et les oublier ?

Toute notre affection à leurs enfants, leurs épouses et compagnon ainsi qu’à leurs six petits enfants.

Guy Lacombe
25 mars 2016

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