A Christophe, Jérémie, Baptiste, Gabriel et Flavie
Le 29 juin dernier en fin de soirée Nicole la benjamine de notre fratrie tirait sa révérence. Elle nous quittait prématurément et de façon brutale à l’issue d’une lutte contre l’incompréhension et la maladie. Après trois ans et demi d’espoir, de perspective d’une greffe, le donneur était connu et disponible, celle-ci devait être réalisée avant la fin de l’année 2015, l’horrible et infernal crabe en décida autrement et finit par l’envahir et la détruire.
Notre plus jeune sœur dotée d’un caractère bien trempé, quatre sœurs, et un frère y contribuèrent inconsciemment, a dès la connaissance du diagnostic médical et ses conséquences déstabilisantes fait l’admiration du plus grand nombre. Elle n’a cessé de continuer tant que possible, entre de lourds traitements, et des moments de rémission, à vivre comme avant. L’esprit tiraillé par le mal, son être envahie par l’intrus, elle a tout au long de son douloureux chemin manifesté une farouche volonté de vaincre, à force de courage et de volonté. Elle ne cessa de montrer à tous une soif de vie ineffable, une inaltérable envie d’entreprendre. Deux traits de caractères marquants qu’elle révéla dès son adolescence. Voyages, confection, sorties, réceptions, fêtes familiales, tennis, vélo rien ne l’arrêtait à l’étonnement de tous et de son médecin spécialiste. Celui-ci sembla même encourager cette forme personnelle de thérapie et la soutint dans ses nombreux projets

Arnouville 11 janvier 2015
En dehors de son rôle de femme, de mère et de grand-mère elle ne cessa de s’occuper de l’association des femmes canadiennes à Paris, de créer et de confectionner un nombre incalculable de robes de mariées et autres atours pour petits et grands, liés à ces moments heureux de la vie. Elle révéla très tôt à ses proches des dons pour la couture puisque dès son mariage avec Christophe et leur premier enfant elle se lança dans la création de vêtements en tout genre pour les siens. Equipée de matériels quasi professionnels elle habilla avec bonheur et talent les femmes, les hommes, les enfants sans distinction de tailles, de couleur et de moyen. Elle pratiqua aussi avec dextérité la restauration de fauteuils, du plus petit au plus imposant, l’encadrement de peintures, aquarelles, images, photos. Maniant avec goût et aisance couleurs, marie-louise, châssis et listels.
Sa soif constante de voyages, de rencontres conduisit le couple, en dehors de leurs déménagements au gré des nominations de Christophe, son époux, à Nantes et Toulouse, au Mexique et en Italie. Pays de vestiges et d’histoire ancienne mais aussi contemporaine puisque Gabriel, le troisième de la fratrie fut conçu chez les Aztèques et Flavie, le quatrième, chez les Romains. En dehors des « devoirs amoureux » mais oh combien prenants ils bourlinguèrent en Jordanie, en Chine où séjourna pour raison professionnelle Jérémie, en Inde, au Brésil, au Ghana, au Canada en famille, en Autriche, en Suisse, en Afrique du Sud, en Grèce et leur dernière destination, en juin 2015, la Guadeloupe pour le baptême de leur petite fille Sidonie. De quoi remplir une bibliothèque de guides et d’albums photos et continuer à rêver durant les longs mois d’hiver sur de prochaines destinations.
Femme de relations, curieuse de tout, toujours à la recherche de rencontres inattendues, dans une quête constante d’établir de nouvelles amitiés et de créer autour d’eux la sympathie, elle était infatigable. Une boule d’énergie, d’envies, et de découvertes. Elle aimait la fête, danser jusqu’à pas d’heure, recevoir et donner du plaisir. Sans oublier son légendaire sourire qui éclaira son visage dès son plus jeune âge. Difficile d’oublier le sourire radieux de l’enfant assis dans une cuvette sur un rebord de fenêtre dans une maison pyrénéenne en août 1949. Elle avait alors six mois et déjà manifestait joie et bonheur aux siens et aux proches qui la contemplaient.

Visos août 1949 (Hautes-Pyrénées)
La vie est bien déconcertante, elle se joue de nos sentiments, en nous faisant passer du rire aux larmes. Mais elle est bien faite, cette vie, car les événements nous poussent à toujours avancer. La vie nous entraîne à voir dans chaque enfant une promesse d’avenir, dans un mariage une raison d’espérer toujours et encore.
Nicole nous ne pouvons plus te voir. Nous ne pouvons plus te prendre dans nos bras. Tu ne peux plus nous tenir. Mais si on ferme les yeux, nous pouvons toujours te sentir. Nous te promettons de penser à ton rire, de temps à temps ça nous rendra joyeux. On t’aimera pour toujours évidement.
Guy Lacombe
2 septembre 2015