Pierre mon cousin tu es,

1 octobre 2022

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Nous le savions, nous le craignions comme une nouvelle que nous ne voulions pas entendre, lire, croire. Comme un mauvais rêve, un cauchemar. La nouvelle est tombée brutalement comme un rocher de la montagne éclaboussant notre vie.

Pleurer n’y changera rien. Ta présence sera celle que nous portons depuis bien longtemps, dans notre tête, dans notre coeur. Pourquoi serais-tu hors de notre pensée parce ce que tu es hors de vue ? Le fil n’est pas coupé. Comment oublier, occulter, ces grands moments de bonheur passés avec toi et Béa. Des rencontres, des fêtes, tous ces moments de vie qui ont contribué au-delà de nos occupations professionnelles à tisser au fil du temps une relation quasi fraternelle. Seul le patronyme nous différenciait des autres. Béatrice étant nôtre trait d’union.

Loin de moi l’intention au moment où tu tires ta révérence, d’établir ton apologie, d’évoquer qui tu étais à partir de superlatifs plus flatteurs les uns que les autres. Laissons cette tradition à d’autres.
Non l’occasion pour moi de te dire à l’oreille combien j’ai aimé dans toutes nos rencontres, nos séjours communs, ta curiosité. Cette façon très personnelle d’écouter ton interlocuteur quel que soit le sujet. Comme une sorte de respect et d’intérêt pour l’autre. Des photos en témoignent.

J’ai aussi aimé ton goût marqué pour la nature sauvage, les grands espaces, loin du monde, de l’agitation et du paraitre. J’ai encore à l’oreille les mots de tes souvenirs d’un voyage en Islande avec ton être aimé. Tu parlais de cette île lointaine comme tu parlais des paysages alpins ou jurassiens. Avec avidité et enchantement.
Cette attirance et peut-être une passion pour la nature se retrouvent dans votre jardin à Enghien. Un jardin apaisant et soigné. Rien qui ne soit autorisé de pousser ou voulu. Un lieu de repos de la tête et des yeux. Je sais que tu y passais du temps avec le souci de l’esthétique et des senteurs.

Impossible de ne pas évoquer aussi l’apparente facilité avec laquelle vous vous mettiez en scène. Évènement avec thème ou sans à la surprise générale vous arriviez costumé, transformé, fardé, perruqué, chapeauté et très souvent méconnaissable. Le déguisement choisi débordait d’imagination. Vous vous amusiez et nous admirions votre créativité et votre audace. A l’applaudimètre la plus haute place sur le podium vous était assurée. Et toujours ensemble. Je n’ai jamais su qui était le scénariste de vos duos. Mais peu importe, votre complémentarité dans l’alcôve, nous donnait le bonheur d’être au spectacle et l’occasion de bien rire. Merci

Le dernier point et de loin le plus important. Un homme et une femme mus par un amour profond qui se meut en couple fusionnel. Ce n’est pas une image, une façade mais un vécu. Une relation où l’un appartient à l’autre. Combien de fois et quelque temps avant que tu ne sois terrassé par la maladie on pouvait vous apercevoir encore bras dessus, bras dessous ou enlacé comme deux tourtereaux sur la branche. Une merveille, une leçon d’entente et de respect.

Au-delà de certaines passions communes nous avions tous les deux une caractéristique qui incidemment nous a rapproché ? Sommes mariés et père de trois filles. Les relations père-filles n’étaient pas absentes de complicité. Parfois l’ambiance montant les contacts nécessitaient l’arbitrage et la modération de leur mère. Quatre femmes c’est peu et beaucoup à la fois.

Martine et moi sommes admiratifs pour l’amour dont Béatrice, Aude, Juliette et Marie t’ont entouré durant ce long chemin vers l’éternité. Un exemple.
Je t’embrasse.

Guy
30 septembre 2022

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3 commentaires
  1. Sylvie LEPOUTRE

    17 janvier 2024 | 7h50

    Quelle émotion en te lisant Guy,
    Pierre était véritablement un soleil,
    si grand, si beau, si doux.

  2. Guy LACOMBE

    17 janvier 2024 | 18h07

    Bonjour Sylvie,
    comment le connaissais-tu ?
    Guy

  3. Guy LACOMBE

    17 janvier 2024 | 18h10

    Mille excuses je n’avais pas compris de qui tu parlais. La référence à ton propos était liée à ma dernière nouvelle « les enfants Lacombe » en Afrique. Désolé
    Guy