Reprise de l’article lu ce matin dans le Mag de Sud Ouest concernant Jean-Sébastien Bruant
L’île d’Oléron abrite la première écloserie de daurades d’Europe, la ferme marine du Douhet, qui fournit des éleveurs-engraisseurs dans le monde entier
C’est une ferme un peu particulière, constituée de hangars et de bassins, cachée derrière le petit port du Douhet, à La Brée-les-Bains, dans l’île d’Oléron. Ici sont produits chaque année 50 millions d’alevins de daurades. « C’est une maternité », prévient son directeur, Jean-Sébastien Bruant, dès l’arrivée du visiteur. « On surveille nos bébés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, et 365 jours par an ». S’il n’est pas nécessaire de marcher sur la pointe des pieds et de baisser la voix, il faut en revanche se munir de bottes et d’une blouse à chaque nouvelle entrée dans un bâtiment de l’éclose- rie.
Le directeur et son équipe ont mis en place, il y a dix ans, un protocole sanitaire draconien afin qu’aucune bactérie ne parvienne jusqu’aux alevins. « Si la daurade est très facile à élever et à engraisser une fois adulte, elle est très fragile tant qu’elle n’est pas sevrée. » « Auparavant, on avait un taux de mortalité effarant. Maintenant, on est à 50 % de survie, alors qu’il est d’un alevin pour 10 000 en milieu naturel. »
Pas de chimie
S’il tient autant aux règles d’hygiène, ce n’est pas seulement pour assurer le bon rendement de cette entreprise fondée en 1981. En en reprenant les rênes en 2008, Jean-Sébastien Bruant a aussi fait le pari de la qualité et du naturel : « On n’utilise plus d’antibiotiques, ni quoi que ce soit de chimique […]. On observe la nature, on essaye d’en comprendre les mécanismes
Dans ce lieu clos, les journées et les saisons sont simulées artificiellement par la régulation de la température et de la lumière et de les adapter ici, explique-t-il. Un poisson bien traité et bien nourri va se reproduire, sinon il ne se passe rien. » La ferme va jusqu’à filtrer son eau de mer et produire elle-même la majeure partie de l’alimenta- tion de ses « bébés ». Différentes variétés d’algues, une espèce de ver marin ainsi qu’une petite crevette nommée artémia servent ainsi de nourriture selon les étapes de la croissance des alevins.
Arrivés à la taille de 3 à 5 centimètres et à autant de grammes, les poissons sont vendus à des aquaculteurs du monde entier : 90 % partent à l’étranger.
Les plus gros acheteurs ? La Tunisie, l’Espagne, la Croatie et la Grèce. De quoi atteindre les 10 à 11 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel pour cette entreprise qui fait partie du groupe Aqualande.